
vendredi 22 avril 2016
lundi 20 juillet 2015
Bientôt, Darrow...

« Si mon point de vue sur les prisons, les crimes et les prisonniers était celui de Monsieur-tout-le-monde, je ne serais pas là aujourd'hui devant vous, à vouloir m'étendre sur le sujet. La raison pour laquelle je m'adresse à vous sur cette question du crime, de ses causes et des remèdes éventuels à y apporter, c'est que je ne crois absolument pas, pour ma part, à la notion même de crime. Le crime - au sens où il est généralement compris - n'existe pas. »
(Clarence Darrow, Crime et criminels, une adresse aux détenus de la prison de Chicago, 1902).
Publication prévue aux éditions Sao Maï : automne 2015.
Publication prévue aux éditions Sao Maï : automne 2015.
jeudi 11 septembre 2014
Lilith Jaywalker dans Amer n°6 !

Rentrée chargée pour Lilith Jaywalker !
Jugez plutôt : d'ici la fin de l'année, d'abord, sortira chez Sao Maï son second recueil de nouvelles, intitulé Recto-verso (voir ci-dessus), consacré à l'approche littéraire et sensuel par une femme du plaisir masculin, hétérosexuel et homosexuel.
En ce qui concerne, ensuite, son précédent opus : Emeutia Erotika, il n'en finit décidément pas de faire causer de lui.
Après l'excellente chronique que lui accorda le très pertinent blog politico-littéraire Zones subversives, et le compte-rendu élogieux (bien que rapide) qu'en fournit l'inénarrable Noël Godin, voilà que c'est au tour de la passionnante revue finissante du Septentrion français (Lille, quoi !) Amer, éditée par les Âmes d'Atala (la revue renaît de ses cendres, d'ailleurs ! - ce numéro est le sixième - au grand bonheur de ses nombreux admirateurs) de s'intéresser aux bouillonnants délires paraphiles de Lilith. Une interview géante lui donne, en effet, dans Amer, l'occasion de s'exprimer, en coquine bavarde qu'elle est, sur les sujets les plus divers et pointus. Le tout faisant près d'une centaine de pages !
Un bonheur d'entretien qu'on vous recommande, évidemment.
Enfin, last but not least, une autre (jeune) revue qui mérite le détour : Permafrost, revient sur Emeutia Erotika et publie, en outre, un de ses courts textes consacrés au New York qu'elle a tant connu, fréquenté et aimé. Immanquable. D'autant que ce dernier numéro de Permafrost (très bientôt disponible) propose aussi, sur le même sujet, un entretien avec l'historien de New York (et de ses marges) Luc Santé, vieille connaissance de Lilith, justement.
Tout se tient !

Le dernier numéro d'Amer, déjà disponible...
Réimpressions prochaines !


Victimes de leur succès durable, deux de nos anciens titres sont désormais en rupture de stock, après - à chaque fois - deux ou trois réimpressions à plusieurs milliers d'exemplaires.
Il s'agit du Tableau de Paris sous la Commune, de Villiers de l'Isle-Adam (première publication : 2008) et de Dynamite ! de Louis Adamic (2010, pour notre traduction française).
Nous faisons notre possible pour que ces deux ouvrages soient à nouveau disponibles dans les plus brefs délais !
dimanche 23 mars 2014
23 mars 1979
![]() |
| (Paris-Match n°1558 - 6 avril 1979) |
« Je ne sais pas qui commença au juste, de nous, des sidérurgistes, de la police ou bien de la police se faisant passer pour nous.
Peu importe ! Dès les premières explosions, chacun comprit que ce 23 mars serait mémorable.
Dans un fracas terrible, la première vitrine tomba. Ce n'était pas encore les bijouteries de la Place Vendôme, mais déjà le point de départ d'un grand pillage.
Les effluves de poudre et d'essence mêlés aux gaz lacrymogènes faisaient flotter dans l'air une odeur âcre. Minute après minute, il devenait plus difficile de distinguer son entourage. Les fumigènes des manifestants rivalisaient avec l'opacité blafarde des émanations d'ammoniaque.
Le soleil n'était plus qu'un vague souvenir.
La lumière appartenait déjà à un autre monde, celui en devenir....»
(Lilith Jaywalker, Emeutia Erotika)
lundi 24 février 2014
Notes inédites sur Chucho el Roto
![]() | |||
| Couverture d'une édition populaire mexicaine des aventures de Chucho el Roto (début des années 1960). En médaillon : Arriaga déguisé en curé, et en bourgeois. |
Laurent Zaïche présentait voilà peu sur son blogue (Le Moine Bleu) quelques notes préparatoires (demeurées jusqu'ici inédites) à son avant-propos de notre ouvrage Chucho el Roto, Dandy d'honneur. Comme on le verra, la thématique du masque y est déjà bien présente, ainsi que des réflexions ébauchées sur les rapports ordinaires du crime et de la révolte, qui rappelleront évidemment bien des choses aux lecteurs et lectrices de Dynamite ! de Louis Adamic.
Notes sur Chucho el roto
Barbarie actuelle au Mexique. Ce qui domine, l’opacité. La
vérité sera connue plus tard, comme d’habitude. Telle est la logique des grands
carnages. En attendant, donc : carnage. Dante. Agrippa d’Aubigné.
Liaisons dialectiques Banditisme-Révolution. Objet d’une importante littérature. Question au fond
jamais tranchée. Condamnation à la fois pertinente et insuffisante du Lumpen
par Marx, Hobsbawm, Adamic (Dynamite !),
etc. Le Crime : « violence obligée des pauvres après la victoire du
Capital » (Manchette). Crime : produit de la violence capitaliste et
réaction de survie, d’adaptation
à ce système, y compris à ses codes, que le Crime ne subvertit pas, mais radicalise, prend en quelque sorte au mot. Assurance de la promotion sociale du criminel que
la légalité bourgeoise lui refuse dans les faits. Au mensonge formel capitaliste
s’opposent ainsi : dissimulation, clandestinité, secret criminels, lesquels auront tôt fait de tomber sous
le coup de la critique cléricale ou moralisante, etc. Fausseté contre fausseté.
Statut, cependant, de la fourberie et du mensonge dans la société
d’après. Comment revenir sur ces habitudes
d’avant ? Est-ce souhaitable ?
Ruse recyclable ? Voir là-dessus Chucho. Son intelligence d’adaptation.
Question de la possibilité seulement de l’entrée en communisme d’anciens menteurs par nécessité, ayant de fait aimé le mensonge comme leur sécurité. L’ayant aimé au plus intime.
C’est en cela que les habitudes
de Chucho sont passionnantes. Chucho se travestit pour commettre ses crimes. Son talent du déguisement : poussé
nous dit-on au génie. Pas
seulement extérieurement : dans l’emprunt des codes symboliques mêmes de
cette bourgeoisie qu’il dépouille, et à laquelle de fait il ressemble furieusement.
Cette bourgeoisie portant le
masque de l’humanité légale abstraite se
heurte ainsi au bandit dont le propre masque, contrairement à celui de la
classe ennemie, dirait plutôt la foncière honnêteté. Le masque du bandit : sa vérité d’homme libre. Sa vérité plastique. Expression
spectaculaire de son authentique visage. Cette vérité, parfaitement entendue
ailleurs, au plan esthétique, dans d’autres conditions (Goya, Ensor). Elle
trouve ici son équivalent politique. Le masqué : à la fois le puissant,
l’agent de la justice historique, de la vérité profonde. Opposées au visage dégagé, autrement dissimulateur et fourbe, de la
Domination.
Le Masque. Le Mexique s’en est
fait une coutume : « lutte libre », etc.
Chucho hier, Marcos aujourd’hui.
Immortalité du premier.
(Laurent Zaïche, 2011-2012)
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