
« Un aspect intéressant de l’activité de Wagner à cette époque tient aussi à ses tendances en quelque sorte syndicalistes : Wagner
se démène pour améliorer la situation matérielle de ses musiciens et
collaborateurs souvent plongés dans la misère, comme c’est le cas de Röckel.
Évoquons enfin, au sujet de ce dernier, ce fait important que c’est lui qui
présenta Bakounine à Wagner, en mars 1849. L’anarchiste russe arrivait alors de
la toute proche Bohême, où il préparait inlassablement la révolution, et vivait
dans la clandestinité à Dresde, d’abord logé un temps au propre domicile de
Röckel, puis s’étant installé tout près de chez Wagner, sous le nom d’emprunt –
comique et évocateur – de Docteur Schwarz. Le charme que produisit ce
« docteur Noir » sur Wagner fut immédiat. Il ne s’éteignit jamais. »
Laurent Zaïche, extrait de l'avant-propos à L'Art et la Révolution, de Richard Wagner, aux éditions Sao Maï.
Parution : décembre 2013.